Mourad Oulmi (PDG Sovac) : « Le projet Volkswagen s’inscrit dans le long terme »

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Intervenant sur les ondes de la radio nationale, Mourad Oulmi, PDG de Sovac, a remis les choses au clair concernant le projet Volkswagen et son usine d’assemblage de voitures à Rélizane. 

Mourad Oulmi a tenu ainsi à dépoussiérer toutes les rumeurs qui gravitent autour de ce projet suite aux différentes rumeurs et autres spéculations qui ont circulé sur les réseaux sociaux. Le PDG de Sovac est donc revenu sur les objectifs de son groupe et de son partenaire industriel, à savoir Volkswagen, mettant l’accent sur la nécessité de développer un éco-système favorable à l’exportation de véhicules, mais surtout, à l’exportation de pièces de rechanges, « Il n’est pas normal que la Tunisie et le Maroc exportent conjointement plus de 10 milliards de dollars de pièces de rechanges et que l’Algérie ne profite pas de son emplacement stratégique pour investir dans ce créneau. »

Concernant le respect du cahier de charges imposé par l’état, Mourad Oulmi insiste sur le fait de prospecter des marchés internationaux afin de pouvoir « vendre » la voiture Volkswagen assemblée en Algérie : »Aujourd’hui le marché algérien est de 400 000 véhicules seulement, c’est un marché très petit, il représente 0.4% de la productions mondiale. Si nous voulons réussir notre pari, en produisons 100 000 véhicules/an on aura besoin de marchés extérieurs pour être compétitifs.« , dira Mourad Oulmi, avant de poursuivre, » Si Volkswagen veut atteindre un taux d’intégration de 40% en Algérie, il sera obligé d’appeler ses sous-traitants à s’installer en Algérie, d’y produire ses pièces, et d’en exporter 80%. »

Pour exporter l’Algérie peut compter sur sa proximité géographique avec l’Europe, les coûts de transports mais aussi sur le savoir faire de sa main d’oeuvre. En effet, Mourad Oulmi expliquera que ses partenaires allemands de Volkswagen ont été agréablement surpris par le savoir faire des mécaniciens, « Les Allemands voulaient former beaucoup plus de gens chez nous. Ils se sont rendu compte que le niveau était assez élevé chez nos mécaniciens, par conséquents, 12 formateurs  algériens ont été certifiés en très peu de temps. Cela dénote du savoir faire qui existe chez nous »

Mourad Oulmi a profité de l’occasion pour appeler l’Etat à faire de l’ordre concernant le calibrage du marché mais aussi dans l’importation de pièces de rechanges qui représente 1.2 Milliards de dollars, Oulmi dira : »C’est juste inacceptable, sans commentaire ! J’encourage le nouveau gouvernement, mais il y a beaucoup d’ordre à faire sur l’importation de pièces de rechange ! ».

Le PDG de Sovac restera toute de même optimiste en lançant : « Les gens ne se rendent pas compte. Avoir Volkswagen en Algérie, c’est attirer le Numéro 1 mondial de la construction automobile, ce n’est pas rien ! Quand vous signer un partenariat avec la première puissance au monde, et que vous le ramener en Algérie, c’est un indicateur pour toutes les entreprises étrangers, en claire, ça renforce l’indice de confiance de l’Algérie chez les investisseurs. » Avant de poursuivre sur l’engagement de Volkswagen sur ce projet ;  » Notre vision, et celle de notre partenaire, est inscrite dans le long terme. Notre projet contient trois phases. Pour l’instant nous n’avons réalisés que la phase 1, à l’arrivée de la phase 3 nous aurons atteint une production de 100 000 véhicules par an. » avant de poursuivre « Pour notre part, nous avons signé un engagement avec l’Etat, notre cahier de charges contient deux points importants : La participation de notre partenaire dans l’investissement, ce qui est le cas. Le second, étant d’atteindre un taux d’intégration de 40% sous 5 ans. »

Pour finir, Mourad Oulmi insistera sur la transparence avec la quelle Sovac, et son partenaire Volkswagen, travaillent en Algérie : »Ne nous voulons pas faire de démagogie et du populisme, les algériens doivent comprendre que nous sommes jeunes dans le secteur de l’industrie automobile. A mon humble avis, il faudra,  au minimum, dix années pour qu’on puisse construire une industrie automobile solide en Algérie. On ne doit pas se comparer avec des pays qui fabriquent des voitures depuis plus de 100 ans, nous devons faire les choses dans l’ordre et avec pragmatisme.«