Dossier : Le scénario vénézuélien menace l’économie Marocaine

3290

L’excitation diplomatique exagérée et enfantine, ainsi que les multiples agressions du Maroc envers l’Algérie, qui ont longtemps servi à détourner les regards de la population marocaine de leur amer réalité, ne servira désormais plus à grand chose, la grogne du Rif on est l’exemple concret. Devant le calme olympien d’une Algérie imperturbable, la situation économique dramatique du Maroc se fragilise d’année en année et ne présage rien de bon pour l’avenir du pays voisin. 

Aggravation du déficit commercial de 20,6% au 1er trimestre 2017

Même avec des cours du baril de pétrole bas, l’économie marocaine n’y arrive pas. Le déficit commercial ne cesse de se creuser, au 1er trimestre 2017 l’aggravation déficitaire a atteint 20.6% !

Les échanges extérieurs du Maroc ont été marqués par une aggravation du déficit de la balance commerciale de 20,6% au premier trimestre 2017, s’établissant à plus de 45,46 milliards de dirhams (MMDH), contre environ 37,69 MMDH un an auparavant, selon l’Office des changes.

Cette aggravation est due à l’augmentation des importations (+9,9%), plus importante que celle des exportations (+3%), explique l’Office des changes, qui vient de publier ses indicateurs préliminaires du mois de mars 2017, notant que le taux de couverture des importations par les exportations s’est situé à 56,9%, contre 60,8% à fin mars 2016.

L’accroissement des importations à 105,60 MMDH est essentiellement attribuable à l’augmentation des achats de produits énergétiques (+56,4%), notamment le gas-oil et fuel-oil (+86%), de biens d’équipement (+11,7%) et de produits bruts (+8,6%).

Dépréciation du Dirham marocain 

Le Maroc prévoit d’entamer en juin le processus de libéralisation du dirham, a annoncé le gouverneur de la banque centrale mardi, avançant ainsi le calendrier pour un pan essentiel du programme de réformes économiques conclu avec les créanciers internationaux du pays.

Autrement dit, le Maroc a décidé de rentrer dans un processus de dépréciation de sa monnaie, comme ce fut le cas en Egypte, afin de tenter de résister à l’effondrement économique qui pointe le bout de son nez. Cette dépréciation engendrera une baisse sévère du pouvoir d’achat d’une population qui compte déjà 15.5% de personnes en situation d’extrême pauvreté.

Une dette extérieure insoutenable !

Le poids de la dette réelle, en incluant la dette garantie par l’Etat contractée par les entreprises publiques, est de 81% du PIB au Maroc. Une dette énorme qui s’élèverait à prés de 82 milliards de dollars, faisant ainsi du Maroc le pays le plus endetté du continent Africain. Cette dette est insoutenable et insupportable.

La soutenabilité de la dette ne peut être réduite à des projections économiques abstraites. Le remboursement de la dette est une hypothèque qui pèse sur les 3 millions de Marocains. Ces citoyens payent directement cette dette avec la sueur de leur front, leurs salaires, l’avenir de leurs enfants. Chaque marocain paie chaque année au titre du service de la dette 7000 DH/marocain- l’équivalent de 700$. Qu’il soit un enfant, une personne âgée, un chômeur, femme, toutes les catégories de la population paient cette dette.

Le service de la dette absorbe une partie importante des ressources nécessaires pour les besoins en éducation, santé, logement décent, investissement dans les infrastructures publiques de base, les programmes nécessaires à la croissance économique et au développement social, … C’est pour cette raison que la dette publique est insoutenable et insupportable.